Quand les universités battent le rappel des troupes.

Monterrey, UDEM 2 commentaires

Je continue mon témoignage en direct du Mexique mais peut être plus pour très longtemps!

L’épidémie progresse et l’organisme mondiale de la santé a passé le niveau 4 sur les 6 que contient leur échelle. Et puisqu’une image vaut mieux que de longs discours, je vous laisse prendre connaissance des différents niveaux ci dessous :

Niveau Alerte épidémie OMS

On se demande actuellement s’il n’y aurait pas un autre foyer aux Etats-Unis et le passage au niveau 5 pourrait donc être imminent.
Preuve que la menace augmente, l’Argentine et Cuba ont suspendu sine die tous leurs vols vers le Mexique.

En grand reporter, j’ai bravé hier les 40 degrés de température extérieure pour aller faire mes courses au supermarché (Quel héros!). Une bonne occasion de tâter l’ambiance.

Je n’ai pas été déçu du voyage. C’était très étrange de se balader dans les rues et de voir la majorité des gens porter un masque de chirurgien. Cela contribue à créer une atmosphère angoissante et on a tendance à voir en chaque être humain un pestiféré dont il faut s’éloigner.

Je ne suis vraiment pas de nature stressé et je sais que le risque à Monterrey est peu élevé mais je ne pouvais m’empêcher de prendre imperceptiblement un peu de distance en passant à côté des gens dans les rues. De même, chaque personne toussotant un petit peu semblait être un infecté potentiel.

Cela donne aussi des situations très comiques avec des enfants dont les masques sont tellement grands qu’ils couvrent presque intégralement leurs visages. Des improvisations de fortune avec des foulards. Ou encore des personnes ne sachant pas qu’ils doivent également couvrir leurs nez.

Personnellement, je n’en ai pas encore puisqu’il n’y en avait pas suffisamment pour tous les habitants.

Les villes fonctionnent au ralenti, tous les lieux de rencontres sont fermés, et les gens restent chez eux dans la mesure du possible. Les femmes enceintes sont exonérés de travail et les professeurs ont interdiction formelle de donner leurs cours.

Les universités et écoles des étudiants étrangers en échange au Mexique battent le rappel des troupes. La majorité d’entre nous sommes appelés à rentrer au plus vite et ceci n’est pas négociable.

Un grand nombre d’étudiants nous quittent donc dans les prochains jours et ceux qui restent ne resteront certainement plus très longtemps. C’est tellement soudain qu’on ne réalise pas vraiment ce qui nous arrive.
Pour l’instant, l’ISEN (mon école d’ingénieurs) s’est inquiété pour moi mais je ne suis pas encore obligé de revenir.

Je sais également que quelques étudiants vraiment désireux de rester ont réussi à obtenir l’accord de leurs universités en échange de la signature d’une décharge de responsabilité. Sympa!

Tout ça pour dire qu’il est probable que je quitte le Mexique avant l’heure. Que triste…


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La vie à l’udem de Monterrey

UDEM 6 commentaires

Au vu de mes derniers articles, on pourrait se demander ce que je fais au Mexique mis à part voyager. Parce que oui… A la base, c’est quand même pour étudier que je suis venu !

C’est pour cela qu’aujourd’hui, l’article traite de l’UDEM ( Université de Monterrey ). J’avais déjà commencé à en parler ici : “Carlos n’est pas mort ! Il est enseignant à l’UDEM” et j’étais très impressionné en bien. Je continue, 2 mois et 1/2 plus tard avec un peu plus de recul.

Rectoria udem monterrey

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Campus

L’UDEM fait partie des meilleures universités mexicaines et les étudiants payent environ 14.000 euros par an pour y étudier. Ces frais de scolarités excessifs leurs donnent droit à un superbe campus: Bâtiments modernes, salles en excellent état équipées de vidéo-projecteurs et d’écrans tactiles , nombre impressionnant de terrains de sports, espaces verts parfaitement entretenus (alors que tout est desséché autour de l’université), Starbucks, Subway et animations quotidiennes en tout genre un peu partout sur le campus (musique, art, stands d’entreprises, conférences, …).

Les parkings sont parsemés de nombreuses voitures de luxe et il n’est pas anormal de voir arriver des étudiants de 18 ans dans leurs propres porsche. Des gardes contrôlent 24h/24 les différentes entrées de l’université et l’on ne peut pas rentrer sans notre carte universitaire.

Espace vert udem monterrey

Starbuck de l'udem à Monterrey

Déroulement des cours

Certains aspects du déroulement des cours sont très déconcertants. Par exemple, on peut sortir puis re rentrer à loisir de la salle, en plein cours, et sans avoir à se justifier. Les bavardages sont plus que tolérés, et les étudiants ne se gênent pas pour sortir et répondre quand leurs blackberry (oui, ils ont tous un blackberry ou un i-phone) se mettent à sonner.

La plupart des matières sont très bien notées et en cas d’echec à un examen important, la majorité des professeurs donnent un petit travail personnel en plus qui permet d’atteindre la moyenne au partiel.

Qualité des cours

Les étudiants choisissent leurs cours un peu comme ils veulent tant que cela rentre dans leur carrera ( filière d’étude) et qu’ils ont validé les pré-requis. Le problème est qu’ils n’ont pas tous les même acquis et l’enseignant est souvent obligé de perdre du temps à réexpliquer des concepts déjà bien connus par certains. Les enseignants donnent une très grande quantité de “tareas” ( travail personnel ) et on passe donc beaucoup de temps à travailler en dehors des cours. En terme, de niveau, on trouve cela pour l’instant vraiment très très simple. Le rythme d’apprentissage est NETTEMENT inférieur à celui qu’on avait en France.
En France, depuis la prépa, on nous apprenait à innover, ici, on ne fait que refaire ce que l’on a vu en cours.

Par exemple, dans mon cours de programmation avancé : nous séchons de temps en temps pour voyager, nous arrivons tous les jours avec 15 minutes de retard (sur un cours qui en dure 50), nous passons le reste du temps à discuter entre nous, nous ne prenons pas de notes et nous passons les exams le vendredi matin parfois encore ivres de la veille. Cela ne nous empêche pas d’avoir d’excellentes notes et le prof reprend de temps en temps nos devoirs pour expliquer à la classe (quand, c’est pas nous qui devons le faire parce qu’il n’a pas compris). Cela serait malhonnête de ma part de dire que l’on a rien appris mais ce que l’on a fait avec lui, ici en 3 mois, aurait pu être fait en maximum 3 semaines à l’ISEN. On refait constamment la même chose avec des micro variations et cela rend le cours atrocement ennuyant.

Le cours où j’ai vraiment l’impression d’apprendre quelque chose, c’est mon cours sur les réseaux. Le domaine me passionne, le prof est très compétent et si tout se passe bien, je devrais avoir un diplôme d’administrateur réseau à la fin de l’année. Cette formation dure normalement 5 semestres à l’udem et si nous gardons le rythme actuel, mes deux compatriotes de l’Isen et moi-même devrions l’avoir fini en 2 semestres. Nous bossons assez mais ne nous tuons pas non plus à la tache. Nous avions toujours eu l’impression d’être dans le théorique à l’isen et d’apprendre du vide. C’est maintenant que nous nous rendons compte que  nos capacités d’apprentissage ne sont pas négligeables. Contrairement aux mexicains qui étudient la même chose que nous, les notions mathématiques et physiques acquises à l’ISEN nous permettent de comprendre instantanément certains concepts et d’apprendre le cours de manière autodidacte.

Adrien et moi avons rencontré un Français, enseignant en automatique à l’UDEM. Il a nous a expliqué qu’il était revenu enseigner ici parce qu’après ses 2 infarctus, il avait été déclaré inapte à continuer son travail en France mais pas assez inapte pour être indemnisé.
Il nous a expliqué qu’il travaillait ici depuis des années et, à quel point, selon lui, le niveau des étudiants Mexicains était globalement inférieur à celui de leurs équivalents Français.

Les enseignants

Les cours sont beaucoup plus vivants qu’en France. Les enseignants sont en constante interaction avec les étudiants. Ils incorporent les personnes de la classe dans leurs exemples, ajoutent quelques blagues de temps en temps et il en résulte que les étudiants reste plus concentrés sur le contenu du cours. Le côté négatif est que les enseignant partent parfois dans de grands hors sujets et les étudiants mexicains savent très bien exploiter cela.

Les enseignants sont ainsi beaucoup plus proche des étudiants tout en étant respectés et nous trouvons tous nos enseignants sympathiques. Ils ne sont pas tous compétents et pédagogues mais on a vraiment l’impression qu’ils aiment ce qu’ils font.

Cette semaine, nous avons du remplir pour chacun de nos professeurs un QCM d’évaluation. L’enseignant sortait du cours et nous devions juger de 1 à 5 chacune de ses qualités d’enseignant. C’était anonyme et commandité par l’administration. Ce genre de pratique est difficilement imaginable en France où l’enseignant est indétrônable. Je pense que le concept est très intéressant même si critiquable. En effet, les enseignants peuvent être tentés d’être trop gentil afin d’être bien notés. Par contre, cela permet d’éviter les amphis vides…

Pouf land

L’udem, c’est aussi et surtout pouf land. Les filles sont pour beaucoup d’entre elles habillées à la Paris Hilton, outrageusement maquillées et avec des QI d’huîtres. Il est très fréquent de voir des filles se remaquiller en plein cours et d’après, ce qu’on m’a raconté, les toilettes pour filles sont de véritables instituts de beauté colonisés en permanence par une quinzaine de mexicaines.

Il faut également savoir que certaines filles viennent à l’université dans le but de se trouver un mari. Il y a une filière d’étude que les étudiants ont méchamment rebaptisé “EMMC” pour “Estudio Mientras Me Caso (J’étudie pendant que je me marie)”. L’udem est en effet un excellent lieu pour que les jeunes des riches familles mexicaines puissent se rencontrer. Un peu de la même manière que les soirées rallyes en France permettent souvent aux familles aisées de se marier entre elles.

Comment le vivons nous ?

Ca va, on survit :-)

On a continuellement des bonnes notes, on est aimé de nos enseignants et on peut voyager presque à loisir. Depuis que je suis à l’UDEM, les seuls sacs que je prend pour aller en cours, ce sont ma guitare et  mon sac de sport. Rajoutez à cela les animations et le soleil et je vous assure que malgré la grande quantité de travail à la maison, on a pas trop envie de se plaindre.

Alors, c’est sur que ce n’est pas mon année universitaire la plus productive au niveau académique mais cela me permet de découvrir une nouvelle culture, de consolider mon espagnol et de travailler mon anglais grâce à tous les autres étrangers. De plus, les voyages nous font rencontrer une diversité étonnante de personnes et nous force à nous organiser. Sans parler de l’adaptabilité dont il nous faut faire preuve pour nous sortir de toutes les situations délicates dans lesquels nous arrivons toujours à nous mettre.


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Carlos n’est pas mort ! Il est enseignant à l’UDEM

UDEM 6 commentaires

Je suis rentré en cours depuis plus d’une semaine et il y a de quoi dire :-)

Commençons par mon emploi du temps. Deux différentes stratégies au sein des exchange students de l’UDEM: Ceux qui placent tous leur cours uniquement le mardi et le jeudi et ceux, dont je fais partie, qui placent leurs cours uniquement l’après midi. La première stratégie permet de voyager tout le temps, la deuxième de survivre aux soirées. Et personnellement, je n’ai même pas choisi puisque les cours intéressants en “compunter sciences” étaient répartis sur toute la semaine et uniquement l’après midi.

(Cliquer ici pour voir mon emploi du temps)

Niveau absentéisme, on a le droit à l’équivalent de deux semaines de cours séchés par matière et par semestre. La sèche n’est absolument pas mal vue par l’administration, ils nous demandent juste de tenir des comptes des absences. Si le quota est dépassé, le professeur a le droit irrévocable de ne pas valider la matière. Cependant, la rumeur cours que certains professeurs sont bien plus coulants avec les étudiants étrangers voulant découvrir le pays.

La vision de l’enseignement est très éloignée de ce qui m’a été donné de voir en France. Profs et élèves ont des relations bien plus chaleureuses et les professeurs sont très appréciés des élèves. Les élèves interpellent les professeurs par des “Hey Profe !”, certains leurs serrent la main en début de cours et les professeurs quant à eux rendent leurs cours extrêmement vivants grâce à des continuelles anecdotes, blagues, et interactions avec les étudiants. La contrepartie est que certains enseignants partent dans de gros hors-sujets qui nous font perdre beaucoup de temps.

Je tiens à vous présenter un de mes profs, enfin, vous le connaissez tous déjà puisqu’il s’agit de Carlos! Les médias nous ont menti… Carlos n’est pas mort! Il est enseignant à l’UDEM.

Carlos enseignant udem monterrey

Papayou, papayou, papayou, papayou lélé

A l’UDEM, je vais quand même bosser un peu finalement! L’université a un partenariat avec CISCO (grande marque dans le domaine des réseaux informatiques) et permet à ses étudiants de suivre une formation d’administrateurs réseaux aboutissant à la fin sur la certification CISCO CCNA. La mission ( pour laquelle j’ai bataillé ) est de faire le programme qui dure normalement 5 semestres à l’UDEM sur les 2 semestres que je suis ici. On considère, que ce que l’on a vu à l’isen sur les réseaux est équivalent à Cisco 1 et je vais donc passer les 12 exams de validation les 2 semaines prochaines. Parallèlement, je vais suivre au premier semestre les cours de Cisco 2 et Cisco 3 et je passerais au deuxième semestre les cours de Cisco 4 et Cisco 5. Selon les enseignants, c’est très lourd mais faisable. Le cours me passionnent, les armoires pleines de routeurs anciennes et dernières générations m’impressionnent, le prof est une mine d’or du savoir sur les réseaux et j’espère être capable de revenir en France avec ce fameux CCNA. Et, je ne suis pas seul! Adrien Rousseaux et Hugo Loos, ont décidé eux aussi de suivre la même voie.

Le déroulement certains cours à l’UDEM est très déconcertant pour nous petits Français. J’ai par exemple eu des cours de révisions où l’enseignant nous donnait un sujet, et nous avions une heure pour lui envoyer un mail avec tout ce dont nous nous souvenions sur sur le thème ( avec aide d’internet ). Surprenant! Mais ô combien efficace pour se remémorer un cours. Les cours techniques sont parfois très lents à cause des anecdotes tout comme ils sont parfois bien plus rapide qu’en France et il faut donc travailler un peu chez soi.
Niveau matériel, l’UDEM, c’est impressionnant! Toutes les salles sont équipées de vidéo-projecteurs et d’écrans géants tactiles. L’enseignant peut donc tout simplement cliquer sur l’écran pendant son cours:D

Je vous révélerai bientôt ce qu’est le cours que j’ai choisi le lundi, mercredi et vendredi de 15 heures à 16 heures. Ca risque d’en surprendre plus d’un :-)


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