Entre Mexique et Guatemala, les Zapatistas !

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Aujourd’hui, je vais vous raconter une des étapes les plus difficiles de tout notre périple dans le Chiapas: La route de la frontière ! Il s’agit d’une piste goudronnée relativement jeune (Elle ne figure que sur les cartes des guides les plus récents) qui longe pendant 300 kilomètres la frontière avec le Guatemala. Elle a été créé essentiellement pour faciliter le transport de l’armée mexicaine et pour “réguler” l’immigration guatémaltèque.

Mais avant ça, nous nous arrêterons aux lacs de montebello, c’est sur la route :-)

Itinéraire Chiapas et Guatemala

Cliquez sur la carte pour l’agrandir ! Le trajet du jour, c’est toute la partie entre San Cristobal et Frontera Corozal

La journée commença par un réveil difficile à San Cristobal. Cela demande une certaine force mentale de sortir du lit quand on est au chaud sous 3 couvertures, que le soleil se lève à peine, qu’il fait entre 10 et 15 degrés dans la pièce, et qu’on sait qu’il va falloir traverser la cour extérieur pour accéder aux sanitaires. Allez, un peu de motivation et on sera au chaud sous la douche qu’on se disait! Tu parles… C’est bonne douche gelée qui nous attendait… “Ce satané chauffe eau qui tombe en panne, vous m’en voulez pas trop ?” s’excusa la proprio. Voyons le verre à moitié plein. Cela nous a parfaitement réveillé et la température extérieure me semblait incroyablement douce après cette horrible douche!

On a ensuite attrapé notre bus et en une bonne heure après, nous étions dans la ville de Comitan, point de passage obligatoire pour rejoindre les lacs. Après avoir parcouru la ville du nord au sud et d’est en ouest (Oui, le mexicain préfère donner une fausse indication plutôt que d’avouer qu’il ne sait pas), nous avons finalement réussi à attraper la navette pour les lacs! J’ai alors interroger le chauffeur sur la durée du trajet. “1h10 si dios lo quiere (si dieu le veut)”. Fort heureusement pour nous, Dieu, l’a voulu ;-).

Le parc contenant les lacs de montebello est gigantesque et c’est au milieu de nulle part que le chauffeur nous a conseillé de descendre. Nous étions les seules âmes étrangères et nous sommes fait instantanément alpaguer par plusieurs mexicains qui ont tous essayé, avec une extraordinaire persévérance mais sans succès, de nous vendre un tour des lacs à un prix faramineux.

Lacs Montebello

Pour être franc, les lacs de Montebello, c’était un peu décevant. Les différents lacs sont loin d’être exceptionnels (je deviens exigeant, je crois !) et ceux que l’on a vu se ressemblaient beaucoup. Pas grand chose à faire à part un pic nic… Et après une heure à profiter du soleil matinal, nous décidions de ne pas nous éterniser ici et de retourner vers l’entrée du parc. L’objectif: Trouver quelqu’un susceptible d’aider des pauvres touristes perdus à poursuivre leur itinéraire. Pour cela, pas d’autre choix que de marcher 3 petits kilomètres !

Mais avant cette performance digne des JO, Aron et moi, avons décidé de prendre des forces en avalant une petite quesadilla (tacos à base de fromage) qu’une petite marchande chiapanèque, heureuse d’avoir quelques clients, nous a préparé avec entrain.

Quesadilla feu de bois

Lacs Montebello

Trois kilomètres plus tard, donc, nous avons réussi à débusquer 2 hommes dans une sorte de point d’accès au parc que nous pensions abandonné (vitres en mille morceaux, barrières arrachées). Les 2 hommes, très chaleureux et très bavards, nous ont dégotté le dernier transport partant vers la frontera corozal.

Et c’est 20 minutes plus tard, que nous avons vu arriver le “collectivo”, le minibus dans lequel nous allions passer d’interminables heures entassés comme des sardines:

Colectivo pour la route de la frontière entre le Mexique et le Guatemala

On s’est vraiment demandé si nos sacs arriveraient à destination.

Pendant toute la durée du trajet, nous avons eu le droit à un paysage magnifique qui à lui seul valait la peine de passer par cette route surprenante.
Difficile de dire ce qui était le plus incroyable pendant ce trajet. Les dizaines de checkpoint de l’armée, peut être? Les trous dans la route ressemblant à des impacts de météorites et ce juste au bord de grands précipices ? La conduite de fou furieux du chauffeur Mexicain qui zigzaguait entre les obstacles ? Les belles cascades qui bordaient de temps en temps la route? La végétation luxuriante de la jungle tout autour de nous? Le fait de suivre la rivière et de savoir que de l’autre côté se trouvait le Guatemala? Ou encore les enfants avec des machettes ? A moins que ce ne soit la tête de nos compagnons de route qui se demandaient sincèrement ce qu’on pouvait bien faire ici.

Entre le Mexique et le Guatemala

Trou dans la route de la frontière entre le Mexique et le Guatemala

5 heures de route accidentée plus tard, nous avons fait un petit arrêt afin de changer de colectivo, le notre n’allant pas plus loin. Il était temps! Nous avions tous l’estomac sur les talons et de monstrueuses envies d’aller aux toilette. Le problème, c’est qu’il n’y a pas grand chose au milieu de nulle part. Tout ce que nous avons pu faire, c’est acheter deux-trois gâteaux à grignoter et faire un pipi sauvage! ( Et croyez moi, c’est quand même sacrément plus pratique de faire partie de ceux qui peuvent écrire leur nom dans la neige dans ces moments là!)

Trois heures plus tard, notre nouveau collectivo nous déposait à Benemerito de las americas, petit village situé à une heure de route de “Frontera Corozal”, notre destination. Et c’est ainsi qu’à 9h du soir, exténués, nous avons découvert qu’il n’y avait plus de bus avant le lendemain.  Rageant… Après calcul des finances, du timing et observation des hébergements disponibles sur place, nous avons décidé de finir en Taxi.

Je suis monté à l’avant du véhicule et me suis lancé dans une discussion extraordinairement passionnante avec le chauffeur.

Nous avons tout d’abord discuté des téléphones portables mexicains. En effet, nous n’avions plus aucun signal depuis notre entrée sur la route de la frontière. Cela semble évident en pleine jungle mais là, nous étions quand même dans un village de la taille d’une petite ville. Il m’a expliqué qu’amener le téléphone ici n’était pas suffisamment intéressant pour les opérateurs téléphoniques et que de toutes façons, les habitants n’était pas prêt à payer les tarifs nationaux jugés bien trop élevés. Alors, tout le chiapas du sud se passe de téléphone, peut on se demander? Que nenni ! Ils se connectent tout simplement sur le réseau téléphonique du Guatemala. En appellant un serveur téléphonique guatemaltheque, ils peuvent être redirigé vers n’importe quel numéro au Mexique et cela leur revient encore moins cher qu’en utilisant les services nationaux. (Techniquement, cela fonctionne par internet grâce à la VoIP). Ils considèrent qu’il n’y a aucune raison valable qui puisse expliquer que le téléphone soit plus cher au Mexique qu’au Guatemala.

Puis, je lui ai posé des questions un peu plus personnelles. C’est ainsi que j’ai appris, qu’avant d’être taxi, il s’occupait de poissons dans une reserve naturelle indigène du coin. Il avait changé de carrière pour un meilleur salaire.

En tant que taxi, il touche les meilleurs mois jusqu’à 25.000 MX pesos (1346 €), ce qui est un excellent salaire quand on vit dans la région la plus pauvre du Mexique. Néanmoins, il m’expliquait que pour parvenir à cela, il ne comptait pas les heures et que cela ne l’empêchait pas d’avoir du mal à supporter les études de ses 3 enfants (Envoyés dans d’autres régions). A titre de comparaison, m’expliqua t’il, les professeurs du village touchent 11.000 MX pesos (592€). Cela peut paraitre dérisoire, mais c’est un bon salaire quand on le compare avec le smic mexicain qui tourne dans les 1.500 MX pesos (80 euros).  “Le salaire minimum au Mexique n’est pas suffisant pour qu’un travailleur puisse subvenir à ses besoins vitaux. Le coût du panier d’épicerie pour une famille de 4 personnes est cinq fois plus élevé que le salaire minimum légal.” (source : ICI)

J’ai ensuite dirigé la discussion vers les Zapatistas puisque il est notoire que le chiapas est le berceau de ce groupe révolutionaire et indépendantiste. J’ai commencé par essayer d’en savoir plus sur l’opinion publique. Il m’a répondu qu’ici tous les habitants étaient zapatistas en el corazon ( dans leur coeur). Bon début !
On a ensuite parlé du pouvoir de la police qui me semblait bien absente de la région. Je lui ai fait part de notre impression paradoxal de sécurité depuis que nous étions dans le Chiapas. Il m’a dit que c’était normal puisqu’ici il n’y avait presque pas de police, tout comme il n’y avait pas de loi. Quand les gens ont un différent, ils le règlent entre eux. La valeur essentielle est le respect. ” La gente que no respecta tiene que morir (Les gens qui ne respectent pas doivent mourir)”. “Et toi ? tu connaissais personnellement des gens qui ont disparu ?”. “Oui”. La froideur et le calme de son simple “oui” avait un côté assez effrayant! Il m’expliqua ensuite qu’au moins ici, les quelques policiers n’étaient pas corrumpu et que les gens avaient plus de liberté. Tu m’étonnes! “Et donc, on a le droit de boire une bière et de faire un pipi dans le rue sans que la police bronche ici ?”. “Bien sur !”

J’ai ensuite décidé d’orienter la discussion sur leurs revendications. Que cherchaient ils à obtenir?  Que ce qui appartient au Chiapas reste au Chiapas. Il a illustré son propos avec l’exemple des mines dont l’exploitation par le gouvernement n’apporte rien aux conditions de vie difficiles des chiapothèques. On peut comprendre la frustration de la population quand on sait qu’ils vivent dans la région la plus pauvre du Mexique mais que paradoxalement, c’est aussi une de celles qui possède le plus de ressources naturelles.

Il m’a aussi raconté deux trois anecdotes assez surprenantes.

Les habitants du Chiapas ne respecte pas le changement d’heure Mexicain. “Que le gouvernement change d’heure si ça lui chante, mais je vois pas ce que ça nous apporte”. “Mais comment tu fais, toi qui est taxi, et qui a de temps en temps à transporter des gens originaires d’autres régions? “. ” J’ai l’heure du chiapas sur ma montre et l’heure mexicaine sur mon téléphone”.

“De temps en temps, quand les impôts ou les factures sont trop élevés, on réunit le village et on décide de ne pas payer. Ensuite, le gouvernement baisse les prix.” Enfantin, n’est ce pas ?

Puis nous sommes arrivés à un dernier barrage militaire assez impressionnant. Nous avons été forcés de descendre et le véhicule a été fouillé.
On ne devait pas trop avoir l’air de junkie guatemalthèque armés parcequ’ils nous ont vite laissé repartir. Le chauffeur de taxi m’a expliqué que tous les barrages militaire le long de la route de la frontière étaient là pour controler drogues,traffic d’armes et immigration.

Je lui ai demandé s’il avait déjà transporté des clandestins. Il m’a répondu par la négative et m’a expliqué que c’était un sujet avec lequel les chauffeurs de taxis du coin ne plaisantaient pas vraiment…
La peine encourue est de 15 ans de prison avec une caution de sortie à 100.000 pesos (5386 euros). Ils arrivent facilement à les repérer de part leur accents et leur stress et n’hésitent pas à demander une pièce d’identité en cas de doute.

Après tant de discussions, nous sommes finalement arrivés à destination et avons pu avaler un morceau juste avant que le restaurant ne ferme. Une journée vraiment épuisante! Mais on ne l’oubliera pas de si tot.


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Retour au bercail !

Inclassable 8 commentaires

J’interromps le récit de mon voyage dans le Chiapas pour donner un petit peu de news sur mes dernières aventures.

Alors, Alors !

Tout d’abord, un retour en France de presque un mois qui m’a fait un bien fou. Tout commence par un magnifique atterrissage à Genève - Mes parents habitent Annecy - où une épaisse couche de neige, des arbres sans feuilles et une certaine obscurité donnaient au paysage un aspect surréaliste très Burtonien. Superbe !

Avion retour mexique

Photo prise depuis le hublot ( pas propre ) de mon avion de retour vers le Mexique

S’en suit une agréable gifle de cet air glacé que j’avais presque oublié, un peu de paperasse pour signaler que mes bagages ne m’ont pas suivi, une traversée enfantine de la frontière (Suisse dans l’espace Schengen depuis quelques jours !), et me voilà en France!

En fait, me voilà dans mon lit et ce dès 18h30 tellement je suis fatigué. Pourquoi? Probablement parce que le décalage horaire fait bien plus mal dans ce sens là que dans l’autre. Et certainement, parce que plutôt que de dormir, j’ai passé tout mon vol à discuter et à boire des coupes de champagne (merci Air France!) avec une charmante Française rencontrée 3 heures avant le décollage à Houston.

Un petit bilan de mon séjour dans la métropole ?

Il n’y a pas à dire, j’y suis quand même attaché à la mère patrie ! La famille, les amis, la ville de Lille, le fromage, les repas de fêtes, les discussions scientifico-existentielles avec mon pôpa, le ski avec ma môman. Cela m’a fait du bien de rentrer au pays.

Cependant, c’était assez surprenant ce retour à la réalité après 6 mois. On se rend compte que la vie continue sans vous, que les gens changent, évoluent, en bien ou en mal d’ailleurs. On prend du recul sur le passé mais aussi sur la fabuleuse expatriation dont on sait qu’elle ne sera pas éternelle. On passe de l’euphorie des retrouvailles à la légère mélancolie des temps passés, on se rend compte qu’on a idéalisé certaines choses tout comme on en a sous estimé d’autres. On prend d’autant plus conscience de la chance qu’on a de vivre une année étudiante à l’étranger.

Mais un mois, ça passe vite! Et c’est déjà parti pour un deuxième semestre. Un semestre qui s’annonce riche en émotions. Je n’ai pas changé d’appartement mais de colocataires. Je vis maintenant avec Hector, un Mexico-Américain qui a grandi à San Diego et Eleonora, une sale ritale tout juste débarquée de Milan.

Hector est américain, oui… Mais anti-capitaliste aussi! C’est un humaniste presque communiste qui me narre avec passion sa vision utopiste de la vie en citant du Karl Marx. Il est révolté que les petits africains n’aient pas accès à l’éducation et qu’il puisse y avoir des différences de richesse sur la planète. Il croit dur comme fer que l’homme est foncièrement bon et entend tout faire pour changer le monde. Ce qui, selon lui, ne sera fera pas en une génération mais en plusieurs.  Il a également une grande estime pour les animaux puisqu’il a décidé, il y a fort longtemps, de renoncer at vitam eternam aux joies d’un bon bifteck ou d’un saumon beurre citron . Après le Mexique, il compte faire un voyage de 3 mois afin de descendre en Argentine depuis le Mexique.
Athée, il pense que la religion n’est qu’un opium du peuple mais veut laisser sa trace en ce monde. Il est également assez mordu d’art et m’étonne par ses connaissances en peinture et en cinéma français.

Eleonora, elle, est, comme toute italienne qui se respecte, très mignonne et très fashion. Elle aime les pizza et la pasta ( Je suis aux anges !), appelle sa maman tous les jours, crie très fort dans son téléphone (à un rythme de croisière de 7 à 8 mots/seconde) et passe beaucoup de temps à se préparer. Ses positions politiques sont très à droite puisqu’elle remercie le ciel pour la présidence de Berlusconi . De toute façon,  “La gauche italienne est incapable de gouverner”.  Elle est également très catholique et compte aller de temps en temps à la messe, ici, au Mexique. Conformément à sa religion, elle voit l’homosexualité comme une grande anomalie de la nature. Cependant, elle ne se considère pas homophobe puisqu’elle les accepte tant qu’ils ” ne se marient pas et qu’ils font leurs trucs dégueulasses chez eux!”. Ce qui est très drôle, c’est qu’elle est beaucoup moins tranchée sur la question des relations sexuelles avant le mariage. Il faut “vivre avec son temps” me confie t’elle! Sa passion ? La danse !

J’ai donc à faire à 2 énergumènes radicalement différents mais cela se passe merveilleusement bien et donne lieu à des discussions passionnantes. De même, mon vocabulaire en italien ne cesse de s’améliorer mais je tairais ici, par respect pour vos chastes oreilles, le contenu de mon apprentissage.

Hector

Hector

Eleonora

Eleonora

Autre grand changement, les photos de cet article! Elle sont le produit de mon nouvel appareil photo numérique. Mon cadeau de Noël! Finito les photos avec mon vieil appareil tout cassé qui s’ouvrait une fois sur trois, quand j’appuyais suffisamment fort sur la batterie( qui ne tenait plus toute seule) et que, par une manœuvre très technique, j’aidais l’objectif à sortir (moteur plein de sable).

Je remercie donc mes parents et mes grands parents qui par leurs contributions m’ont permis d’acquérir un appareil photo de très bonne qualité. Il s’agit d’un bridge numérique. C’est le juste milieu entre le compact et le reflex (trop cher, trop lourd et trop encombrant pour le jeune voyageur que je suis). Un bridge , c’est très proche d’un reflex à la grande différence que l’objectif n’est pas interchangeable. Après une mûre réflexion et lecture de différents avis sur internet, j’ai choisi le dernier Lumix de chez Panasonic (DMC-FZ28) et j’en suis ravi ! Il fait des photos de très bonne qualité et est incroyablement léger. J’envisage de participer à une formation à la photo que ce soit via mon université Mexicaine ou de manière autodidacte sur Internet.

Bien évidemment, j’ai aussi repris les cours et j’ai déjà plein de tareas ( travail à la maison ). Je me console avec ma formation réseaux qui me plait toujours autant, mon cours de guitare auquel je me suis ré-inscrit et le soleil qui est revenu en force (Grand ciel bleu et 30 degrés à l’ombre ces derniers jours).

J’aborde ce semestre avec un moral à l’image du climat mexicain et l’intention de bien profiter de mes derniers 6 mois de vie estudiantine !
( A ce propos, si vous connaissez des entreprises cherchant un stagiaire dans les réseaux informatique ou tout ce qui est lié à la sécurité, et ce dans n’importe quel pays, je vous serais très reconnaissant de me contacter. CV disponible ici)

Sur ce, je vous souhaite plein de bonheur pour cette nouvelle année et vais faire mes tareas !


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Et si on égorgeait un poulet pendant la prière ?

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Après s’être bien baigné, nous reprenions la route afin de rejoindre San Cristobal de las Casas. Cette ville se nomme ainsi en hommage à Bartolomé de Las Casas. Ce prêtre espagnol est connu pour avoir, 50 ans durant, pris la défense des indigènes du nouveau monde pendant les grands débats où l’église catholique essayait de déterminer si les indiens possédaient une âme ou pas.  Une décision difficile à prendre puisque la couronne espagnole était bien contente d’utiliser la main d’œuvre esclavagisée à son profit.  Pour ma part, je connaissais déjà l’histoire puisque “la controverse de Valladolid” faisait partie des romans à lire obligatoires quand j’étais au lycée. Paradoxalement, c’est un des seuls que j’avais apprécié et qui m’avait marqué.

La ville compte environ 200 000 habitants, est la capitale culturelle de la région, et se place 3 ième dans le classement des puissances économiques du pays. Ceci, grâce au tourisme.

San Cristobal de las Casas

Comme d’habitude, un clic sur les photos pour les afficher en grand !

San Cristobal de las Casas

San Cristobal de las Casas

C’est donc vers 21h que notre petit groupe (auquel la canadienne et la japonaise s’étaient gréfées) arrivait à destination. Ce qui est inattendu en arrivant dans cette ville, c’est le froid. Il y a beau toujours faire chaud dans la région du chiapas, la température chute méchamment à 2300 mètres d’altitude. Et quand on arrive de nuit en pleine hiver, encore plus !
C’est donc au plus vite (Enfin… Aussi vite que le permet une japonaise qui n’a pas compris qu’un sac à dos, c’est mieux qu’une énorme valise à roulettes pour voyager) que nous cherchions une auberge de jeunesse dans cette belle ville coloniale. La mission fut accomplie relativement vite et nous décidâmes, une fois n’est pas coutume, d’alourdir le budget en troquant les tacos habituels contre une pizzeria. Ironie du sort, l’établissement était tenu par un français qui nous a fait la causette pendant que nous dégustions ses fabuleuses pizzas ( Il y avait même du gorgonzola, incroyable! ). Cet homme nous expliqua  qu’il regrettait amèrement d’avoir épousé une Mexicaine, qu’elles étaient invivables, et qu’il attendait patiemment que ses deux filles grandissent un peu afin de  pouvoir prendre la fuite. Bon appétit !

Le lendemain, nous décidions de garder San Cristobal pour plus tard et prenions un taxi afin de profiter du marché indigène de San Juan de Chamula, à une dizaine de kilomètres de la ville. Aucun de nous ne l’a regretté! Nous avons débarqués au milieu d’un marché aux milles couleurs et aux milles senteurs dans une ville peuplés uniquement d’indiens Mayas communiquant entre eux dans leur langue ancestrale.

San Juan de Chamula

San Juan de Chamula

Vous aimez manger épicé ?

Les produits, entièrement artisanaux était d’une qualité rare et les prix tellement négociables que nous refusions parfois de trop marchander par pitié pour eux… C’est ici que nous avons achetés la plupart des cadeaux de noël !

San Juan de Chamula

Zapatistas

Les poupées de la photo ci dessus sont à l’effigie du mouvement rebelle et indépendantiste des Zapatistas. On en trouve un peu partout dans la région du Chiapas. Les habitants en sont très fiers et n’hésitent pas à vendre tout cela en pleine rue. On trouve aussi des t-shirt zapatistas mais c’est moins à la mode !

Les filles ayant du mal à décider quel sac à main ou quelle ceinture irait élargir leurs collections, j’en ai profité pour faire la conversation aux locaux. C’est ainsi que j’ai appris les bases du dialecte maya tzotzil:

Français Espagnol Maya Tzotzil
Bonjour Hola Liote auquel on répond par Lione
Au revoir Adios Tashibat auquel on répond par Batán
Merci Gracias Kolaval
S’il vous plait Por favor Abokoluk
Oui Si Lekol
Non No Mushtun

(Les mots en tzotzil ne sont que des écritures phonétiques correspondant à ce que j’ai entendu ! On prononce toutes les lettres, le “e” se prononce “é” et le “u” se prononce “ou”)

San Juan de Chamula

San Juan de Chamula

Les rapports sociaux étaient également très intéressants, on peut voir dans ce village des hommes se baladant main dans la main et je ne pense pas que cela ait à voir avec une quelconque homosexualité. Cela semblait être dans les mœurs.

San Juan de Chamula

Puis, nous sommes allés demander une autorisation pour visiter la très fameuse église de San Juan de Chamula. En effet, les étrangers ne disposant pas du précieux sésame se voient refuser l’entrée.

San Juan de Chamula

San Juan de Chamula

L’autorisation

Dépaysement total à l’intérieur :

San Juan de Chamula

Une église pas comme les autres !

Comme vous pouvez voir, Il n’y a pas de bancs mais uniquement un tapis d’aiguilles de pins. Les fidèles viennent s’assoir à même le sol, disposent de très nombreuses bougies devant eux et récitent des incantations en Maya qui s’apparentent à des chants. C’est très mignon, jusqu’à ce qu’ils se passent un poulet vivant autour du corps et de la tête, qu’ils finissent par l’égorger et qu’ils vident son sang sur les bougies.

Ce qui est impressionnant, c’est d’assister à ce rituel entourés par les peintures et sculptures des saints de l’église. Ils ont en fait complètement adapter leurs cultures et leurs rites ancestraux au catholicisme. Leurs dieux étant personnifiés par les saints de l’église.

Après de bons tacos au poulet ( Il faut bien consommer les sacrifiés :-) ), nous retournions à San Cristobal au beau milieu d’un marché! Nous y avons retrouvé la plupart des produits achetés avec un prix multiplié au moins par 2. On a fait de belles affaires!  Le reste de la journée et la soirée ont été consacrés à se reposer !

Le lendemain, avant de partir pour les lacs de Montebello, nous avons pu assister à un défilé dans les rues de San Cristobal. Un drôle de cadeau d’au revoir !

San Cristobal de las Casas

San Cristobal de las Casas


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