La vie à l’udem de Monterrey

4:21 UDEM

Au vu de mes derniers articles, on pourrait se demander ce que je fais au Mexique mis à part voyager. Parce que oui… A la base, c’est quand même pour étudier que je suis venu !

C’est pour cela qu’aujourd’hui, l’article traite de l’UDEM ( Université de Monterrey ). J’avais déjà commencé à en parler ici : “Carlos n’est pas mort ! Il est enseignant à l’UDEM” et j’étais très impressionné en bien. Je continue, 2 mois et 1/2 plus tard avec un peu plus de recul.

Rectoria udem monterrey

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Campus

L’UDEM fait partie des meilleures universités mexicaines et les étudiants payent environ 14.000 euros par an pour y étudier. Ces frais de scolarités excessifs leurs donnent droit à un superbe campus: Bâtiments modernes, salles en excellent état équipées de vidéo-projecteurs et d’écrans tactiles , nombre impressionnant de terrains de sports, espaces verts parfaitement entretenus (alors que tout est desséché autour de l’université), Starbucks, Subway et animations quotidiennes en tout genre un peu partout sur le campus (musique, art, stands d’entreprises, conférences, …).

Les parkings sont parsemés de nombreuses voitures de luxe et il n’est pas anormal de voir arriver des étudiants de 18 ans dans leurs propres porsche. Des gardes contrôlent 24h/24 les différentes entrées de l’université et l’on ne peut pas rentrer sans notre carte universitaire.

Espace vert udem monterrey

Starbuck de l'udem à Monterrey

Déroulement des cours

Certains aspects du déroulement des cours sont très déconcertants. Par exemple, on peut sortir puis re rentrer à loisir de la salle, en plein cours, et sans avoir à se justifier. Les bavardages sont plus que tolérés, et les étudiants ne se gênent pas pour sortir et répondre quand leurs blackberry (oui, ils ont tous un blackberry ou un i-phone) se mettent à sonner.

La plupart des matières sont très bien notées et en cas d’echec à un examen important, la majorité des professeurs donnent un petit travail personnel en plus qui permet d’atteindre la moyenne au partiel.

Qualité des cours

Les étudiants choisissent leurs cours un peu comme ils veulent tant que cela rentre dans leur carrera ( filière d’étude) et qu’ils ont validé les pré-requis. Le problème est qu’ils n’ont pas tous les même acquis et l’enseignant est souvent obligé de perdre du temps à réexpliquer des concepts déjà bien connus par certains. Les enseignants donnent une très grande quantité de “tareas” ( travail personnel ) et on passe donc beaucoup de temps à travailler en dehors des cours. En terme, de niveau, on trouve cela pour l’instant vraiment très très simple. Le rythme d’apprentissage est NETTEMENT inférieur à celui qu’on avait en France.
En France, depuis la prépa, on nous apprenait à innover, ici, on ne fait que refaire ce que l’on a vu en cours.

Par exemple, dans mon cours de programmation avancé : nous séchons de temps en temps pour voyager, nous arrivons tous les jours avec 15 minutes de retard (sur un cours qui en dure 50), nous passons le reste du temps à discuter entre nous, nous ne prenons pas de notes et nous passons les exams le vendredi matin parfois encore ivres de la veille. Cela ne nous empêche pas d’avoir d’excellentes notes et le prof reprend de temps en temps nos devoirs pour expliquer à la classe (quand, c’est pas nous qui devons le faire parce qu’il n’a pas compris). Cela serait malhonnête de ma part de dire que l’on a rien appris mais ce que l’on a fait avec lui, ici en 3 mois, aurait pu être fait en maximum 3 semaines à l’ISEN. On refait constamment la même chose avec des micro variations et cela rend le cours atrocement ennuyant.

Le cours où j’ai vraiment l’impression d’apprendre quelque chose, c’est mon cours sur les réseaux. Le domaine me passionne, le prof est très compétent et si tout se passe bien, je devrais avoir un diplôme d’administrateur réseau à la fin de l’année. Cette formation dure normalement 5 semestres à l’udem et si nous gardons le rythme actuel, mes deux compatriotes de l’Isen et moi-même devrions l’avoir fini en 2 semestres. Nous bossons assez mais ne nous tuons pas non plus à la tache. Nous avions toujours eu l’impression d’être dans le théorique à l’isen et d’apprendre du vide. C’est maintenant que nous nous rendons compte que  nos capacités d’apprentissage ne sont pas négligeables. Contrairement aux mexicains qui étudient la même chose que nous, les notions mathématiques et physiques acquises à l’ISEN nous permettent de comprendre instantanément certains concepts et d’apprendre le cours de manière autodidacte.

Adrien et moi avons rencontré un Français, enseignant en automatique à l’UDEM. Il a nous a expliqué qu’il était revenu enseigner ici parce qu’après ses 2 infarctus, il avait été déclaré inapte à continuer son travail en France mais pas assez inapte pour être indemnisé.
Il nous a expliqué qu’il travaillait ici depuis des années et, à quel point, selon lui, le niveau des étudiants Mexicains était globalement inférieur à celui de leurs équivalents Français.

Les enseignants

Les cours sont beaucoup plus vivants qu’en France. Les enseignants sont en constante interaction avec les étudiants. Ils incorporent les personnes de la classe dans leurs exemples, ajoutent quelques blagues de temps en temps et il en résulte que les étudiants reste plus concentrés sur le contenu du cours. Le côté négatif est que les enseignant partent parfois dans de grands hors sujets et les étudiants mexicains savent très bien exploiter cela.

Les enseignants sont ainsi beaucoup plus proche des étudiants tout en étant respectés et nous trouvons tous nos enseignants sympathiques. Ils ne sont pas tous compétents et pédagogues mais on a vraiment l’impression qu’ils aiment ce qu’ils font.

Cette semaine, nous avons du remplir pour chacun de nos professeurs un QCM d’évaluation. L’enseignant sortait du cours et nous devions juger de 1 à 5 chacune de ses qualités d’enseignant. C’était anonyme et commandité par l’administration. Ce genre de pratique est difficilement imaginable en France où l’enseignant est indétrônable. Je pense que le concept est très intéressant même si critiquable. En effet, les enseignants peuvent être tentés d’être trop gentil afin d’être bien notés. Par contre, cela permet d’éviter les amphis vides…

Pouf land

L’udem, c’est aussi et surtout pouf land. Les filles sont pour beaucoup d’entre elles habillées à la Paris Hilton, outrageusement maquillées et avec des QI d’huîtres. Il est très fréquent de voir des filles se remaquiller en plein cours et d’après, ce qu’on m’a raconté, les toilettes pour filles sont de véritables instituts de beauté colonisés en permanence par une quinzaine de mexicaines.

Il faut également savoir que certaines filles viennent à l’université dans le but de se trouver un mari. Il y a une filière d’étude que les étudiants ont méchamment rebaptisé “EMMC” pour “Estudio Mientras Me Caso (J’étudie pendant que je me marie)”. L’udem est en effet un excellent lieu pour que les jeunes des riches familles mexicaines puissent se rencontrer. Un peu de la même manière que les soirées rallyes en France permettent souvent aux familles aisées de se marier entre elles.

Comment le vivons nous ?

Ca va, on survit :-)

On a continuellement des bonnes notes, on est aimé de nos enseignants et on peut voyager presque à loisir. Depuis que je suis à l’UDEM, les seuls sacs que je prend pour aller en cours, ce sont ma guitare et  mon sac de sport. Rajoutez à cela les animations et le soleil et je vous assure que malgré la grande quantité de travail à la maison, on a pas trop envie de se plaindre.

Alors, c’est sur que ce n’est pas mon année universitaire la plus productive au niveau académique mais cela me permet de découvrir une nouvelle culture, de consolider mon espagnol et de travailler mon anglais grâce à tous les autres étrangers. De plus, les voyages nous font rencontrer une diversité étonnante de personnes et nous force à nous organiser. Sans parler de l’adaptabilité dont il nous faut faire preuve pour nous sortir de toutes les situations délicates dans lesquels nous arrivons toujours à nous mettre.

6 commentaires
  1. Romain :

    Date: octobre 29, 2008 @ 5:06

    de ruiner ton foie, d’essayer de nouvelles drogues …

  2. Pilou :

    Date: octobre 30, 2008 @ 14:01

    Continue comme ça et tu n’auras pas ta purée de mescaline…

  3. Benjamin :

    Date: octobre 30, 2008 @ 15:07

    “Deux Cuba Libre bière et du mesca à côté”
    “Et des cacahuèèèètes”

    Ainsi parlait Raoul Duke…

  4. Pilou :

    Date: octobre 30, 2008 @ 16:02

    Tu veux parler du mescal? c’est un alcool proche de la tequila qu’on produit dans le sud du Mexique.

    Je vais essayer d’en ramener une bouteille pour le réveillon :-)

  5. Benjamin :

    Date: octobre 30, 2008 @ 16:03

    Pourquoi le cacher davantage ?
    Pilou je t’aime !

  6. NGUESSAN KOUAME CELESTIN :

    Date: décembre 16, 2009 @ 5:55

    Pourriez vous m’aider à rentrer en contact avec ma fille MARIE NOELLE NGUESSAN Etudiante à ROUEN en FRANCE actuellement en échange universitaire à UDEM à Monterrey que je n’arrive pas à joindre depuis 4 jours. Son téléphone est le suivant 00 521 811 795 13 90 et se trouve malheureusement sur le répondeur depuis quelques jours.

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