Cuatro Ciénegas
septembre 10, 2008 4:04 VoyagesPremier voyage hors de l’état du “Nuevo Leon” le weekend dernier. Destination ? Le village de “Quatro ciénegas” dans l’état de “Coahuila” au nord ouest de Monterrey.
Pour nous rendre dans cette région atypique abritant de magnifiques oasis au milieu d’un paysage désertique, nous avons décidé de louer une voiture à Monterrey. C’est un road trip cette fois! Et c’est donc après quelques courses (essentiellement liquides), 5 cd de musiques gravés à la va vite et 3 maigres heures de sommeils que nous décollions de Monterrey cap au nord ouest.
Notre motivation et notre bonne humeur étaient sans failles malgré la fatigue due à la soirée de la veille. Enfin un VRAI voyage !


Nous avons eu le plaisir de découvrir la manière de conduire mexicaine:
Ils roulent comme des fous furieux. C’est à dire en moyenne à 140 km/h avec beaucoup de gens stabilisés à 160 km/h. Ce ne n’est pas des autoroutes mais l’équivalent de routes nationales avec une voie dans chaque sens et une ligne continue indiquant qu’il ne faut pas dépasser. Évidemment, personne ne respecte les panneaux de circulation routière et cela donne des dépassements parfois aussi sensationnels qu’effrayants.
Sauf que cela ne passe pas toujours…

La police patrouille près des villes et nous avons malheureusement eu l’occasion de nous entretenir avec eux. En effet, nous nous sommes fait arrêter près de la ville de Monclova pour le simple fait d’être étrangers. Nous nous sommes donc rangé sur le côté et messieurs les policiers nous ont demandé à distance (comme dans les films) de sortir du véhicule avec les mains bien dégagées. Il étaient assez impressionnants en descendant de leur pickup flambant neuf avec leur révolvers et leurs ceintures pleines de balles. Je ne faisais pas le malin. Après qu’ils aient épluché tous nos papiers, verdict : “Plaques d’immatriculations périmées”. Les contrôles d’identités, les appels à notre agence ont duré tellement longtemps qu’on a eu le temps de devenir copains avec ces messieurs de la police fédérale.
Les yeux rivés sur le fusil d’assaut posé entre les sièges du pick up, je m’adressais à un des deux policiers.
- “On en a pas en France! C’est impressionnant d’en voir un vrai ailleurs que dans les films”
- ” Vraiment ? je vais te montrer comment ça marche”, me répondit l’agent des forces de l’ordre.
Il a alors attrapé le rifle, sortit le chargeur puis enlevé à la main quelques balles pour nous les montrer. Elles faisaient chacune la taille de mes doigts… Il a ensuite replacé le chargeur dans l’arme, a actionné le mécanisme pour armer l’arme. “Voilà, il n’y a plus qu’à tirer maintenant”. Euh doucement l’ami, ne pointe pas ton jouet vers moi, c’est autre chose qu’un pistolet à billes quand même ! Il a ensuite réactionné le mécanisme destiné à armer le fusil plusieurs fois et nous avons pu voir quelques balles sauter de l’arme. Tout à fait logique mais assez angoissant quand ça se passe à 50 cm de vous. Puis, sans qu’on ne lui demande rien, sans doute gonflé par sa fierté de nous impressionner, il a ensuite sortit son révolver et a ouvert le barillet qui était bien entendu rempli de balles. C’était pas très rassurant de le voir diriger ses armes chargées dans toutes les directions.
Il a finalement accepté de nous laisser faire des photos avec le fusil sous réserve qu’il n’apparaisse pas dessus.

Un petit counter-strike? Je joue anti-terroriste!
Francois et Adrien sont ensuite partit se poser dans la voiture tandis que j’essayais de corrompre ces policiers qui simulaient leur tristesse de devoir nous emmener au poste. C’était très drôle de chercher les mots juste pour sous entendre la corruption sans jamais la déclarer ouvertement. De leurs côtés, ils essayaient d’en savoir plus sur moi, afin, j’en suis persuadé, de savoir combien nous retirer. “Ils font quoi tes parents ?” “Tu fais quoi comme études ?” “Comment ca se fait que tu étudies au Mexique ?” Sans même réfléchir, je me suis décris comme un fils de professeur, étudiant au Mexique grâce à une bourse au mérite. J’ai ensuite expliqué que cette amende était tragique pour moi puisque j’étais vraiment limite niveau argent. Puis, après avoir convenu avec qu’eux que nous perdions tous notre temps, je leur ai expliqué que cela ne servait à rien que j’aille au poste. Je pouvais leur donner l’argent et ils l’apporteraient au poste pour moi. Ben voyons !
Finalement, après quelques “C’est trop cher” et de longues victimisations de ma personne, on s’en est sortit pour un total de 500 pesos (33 euros), ce qui est plutôt bas par rapport à ce qu’ils peuvent parfois exiger… Un peu plus tard, on a appris que ce n’est normalement pas dans les attributions des fédéraux de s’occuper du trafic routier. Le patron de l’agence de location de voitures (oui, parce que, c’est de sa faute après tout) a accepté de nous louer la voiture gratuitement pendant une journée pour nous dédommager.
Nous sommes finalement arrivés à bon port et nous sommes remis de nos émotions en dégustant des bons tacos dans le village de Cuatro Ciénegas.
Nous sommes ensuite directement dirigés vers le “rio mezquites”, une rivière traversant un désert bornés au loin par les montagnes. Nous nous sommes engagés sur une route très caillouteuse qui m’a grandement rappeler les déserts marocains explorés pendant le 4L trophy.

Les roues de la voiture ont survécu et nous sommes enfin arrivés à cet oasis au milieu de nulle part. Nous y avons passé la nuit et une soirée magistrale qui nous a permis de sympathiser avec tout le camping.

Le rio mezquites

Un apéro dans le rio !

Un peu de bambou pour allumer le barbeuc ?

Et voilà le travail !
Le lendemain, nous avons été contraints de nous lever tôt à cause du voisin qui avait mis la musique à fond. Mais c’était un mal pour un bien car cela nous a permis de visiter d’autres lieux insolites.
La poza azul, une sorte d’étang au milieu du désert avec des minéraux très rares qui donnent à l’eau une magnifique couleur bleu turquoise. Il s’agit d’un véritable écosystème avec sa faune et sa flore. C’est très surprenant de voir des poissons relativement gros et des tortues dans un tel endroit.

Et Las dunas de yeso (Les dunes de plâtre): Un des seuls endroits au monde, selon le guide, abritant ce type de désert. C’est vrai que c’est pas super courant les déserts formés de plâtre !


Oui, je sais… Il est plus que temps que j’aille chez le coiffeur!
Le reste des photos en cliquant sur l’image ci-dessous.




Lio :
Date: septembre 10, 2008 @ 6:35
C’est vrai que vous avez quand même mis le temps pour vous faire un voyage mais les choses ne sont sûrement pas pareil là-bas… Pas mal l’apéro dans le Rio !
Continue à voyager
a+
Mathilde :
Date: septembre 11, 2008 @ 15:04
Etant donné que je viens à Monterrey pour Thanksgiving,il faut absolument que tu m’emmènes dans ce coin là!
Pilou :
Date: septembre 17, 2008 @ 11:41
Ah! Ah! En voilà une bonne nouvelle.
Je vais avoir l’honneur d’accueillir la grande journaliste de libé
Ne t’inquiète pas, on trouvera de quoi t’occuper. On va se la faire notre balade en catamaran
laurie :
Date: mars 4, 2009 @ 12:26
je tape Cuatro Cienegas sur Google et sur qui je tombe!!?!! Toi qui pose avec un fusil!!
Tout se passe toujours aussi bien la bas? J’aimerais encore y être…
Bisous!!
Pilou :
Date: mars 4, 2009 @ 13:13
Cuatro cienegas avait été une de mes premières rencontres avec la police Mexicaine corrompue. Un grand moment ! Comment ca va ma belle?
Le retour à Lille s’est bien passé?
Je t’avouerai que je suis de moins en moins motivé pour rentrer moi…