Et si on égorgeait un poulet pendant la prière ?
janvier 5, 2009 9:30 VoyagesAprès s’être bien baigné, nous reprenions la route afin de rejoindre San Cristobal de las Casas. Cette ville se nomme ainsi en hommage à Bartolomé de Las Casas. Ce prêtre espagnol est connu pour avoir, 50 ans durant, pris la défense des indigènes du nouveau monde pendant les grands débats où l’église catholique essayait de déterminer si les indiens possédaient une âme ou pas. Une décision difficile à prendre puisque la couronne espagnole était bien contente d’utiliser la main d’œuvre esclavagisée à son profit. Pour ma part, je connaissais déjà l’histoire puisque “la controverse de Valladolid” faisait partie des romans à lire obligatoires quand j’étais au lycée. Paradoxalement, c’est un des seuls que j’avais apprécié et qui m’avait marqué.
La ville compte environ 200 000 habitants, est la capitale culturelle de la région, et se place 3 ième dans le classement des puissances économiques du pays. Ceci, grâce au tourisme.
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C’est donc vers 21h que notre petit groupe (auquel la canadienne et la japonaise s’étaient gréfées) arrivait à destination. Ce qui est inattendu en arrivant dans cette ville, c’est le froid. Il y a beau toujours faire chaud dans la région du chiapas, la température chute méchamment à 2300 mètres d’altitude. Et quand on arrive de nuit en pleine hiver, encore plus !
C’est donc au plus vite (Enfin… Aussi vite que le permet une japonaise qui n’a pas compris qu’un sac à dos, c’est mieux qu’une énorme valise à roulettes pour voyager) que nous cherchions une auberge de jeunesse dans cette belle ville coloniale. La mission fut accomplie relativement vite et nous décidâmes, une fois n’est pas coutume, d’alourdir le budget en troquant les tacos habituels contre une pizzeria. Ironie du sort, l’établissement était tenu par un français qui nous a fait la causette pendant que nous dégustions ses fabuleuses pizzas ( Il y avait même du gorgonzola, incroyable! ). Cet homme nous expliqua qu’il regrettait amèrement d’avoir épousé une Mexicaine, qu’elles étaient invivables, et qu’il attendait patiemment que ses deux filles grandissent un peu afin de pouvoir prendre la fuite. Bon appétit !
Le lendemain, nous décidions de garder San Cristobal pour plus tard et prenions un taxi afin de profiter du marché indigène de San Juan de Chamula, à une dizaine de kilomètres de la ville. Aucun de nous ne l’a regretté! Nous avons débarqués au milieu d’un marché aux milles couleurs et aux milles senteurs dans une ville peuplés uniquement d’indiens Mayas communiquant entre eux dans leur langue ancestrale.
Vous aimez manger épicé ?
Les produits, entièrement artisanaux était d’une qualité rare et les prix tellement négociables que nous refusions parfois de trop marchander par pitié pour eux… C’est ici que nous avons achetés la plupart des cadeaux de noël !
Les poupées de la photo ci dessus sont à l’effigie du mouvement rebelle et indépendantiste des Zapatistas. On en trouve un peu partout dans la région du Chiapas. Les habitants en sont très fiers et n’hésitent pas à vendre tout cela en pleine rue. On trouve aussi des t-shirt zapatistas mais c’est moins à la mode !
Les filles ayant du mal à décider quel sac à main ou quelle ceinture irait élargir leurs collections, j’en ai profité pour faire la conversation aux locaux. C’est ainsi que j’ai appris les bases du dialecte maya tzotzil:
| Français | Espagnol | Maya Tzotzil |
|---|---|---|
| Bonjour | Hola | Liote auquel on répond par Lione |
| Au revoir | Adios | Tashibat auquel on répond par Batán |
| Merci | Gracias | Kolaval |
| S’il vous plait | Por favor | Abokoluk |
| Oui | Si | Lekol |
| Non | No | Mushtun |
(Les mots en tzotzil ne sont que des écritures phonétiques correspondant à ce que j’ai entendu ! On prononce toutes les lettres, le “e” se prononce “é” et le “u” se prononce “ou”)
Les rapports sociaux étaient également très intéressants, on peut voir dans ce village des hommes se baladant main dans la main et je ne pense pas que cela ait à voir avec une quelconque homosexualité. Cela semblait être dans les mœurs.
Puis, nous sommes allés demander une autorisation pour visiter la très fameuse église de San Juan de Chamula. En effet, les étrangers ne disposant pas du précieux sésame se voient refuser l’entrée.
L’autorisation
Dépaysement total à l’intérieur :
Une église pas comme les autres !
Comme vous pouvez voir, Il n’y a pas de bancs mais uniquement un tapis d’aiguilles de pins. Les fidèles viennent s’assoir à même le sol, disposent de très nombreuses bougies devant eux et récitent des incantations en Maya qui s’apparentent à des chants. C’est très mignon, jusqu’à ce qu’ils se passent un poulet vivant autour du corps et de la tête, qu’ils finissent par l’égorger et qu’ils vident son sang sur les bougies.
Ce qui est impressionnant, c’est d’assister à ce rituel entourés par les peintures et sculptures des saints de l’église. Ils ont en fait complètement adapter leurs cultures et leurs rites ancestraux au catholicisme. Leurs dieux étant personnifiés par les saints de l’église.
Après de bons tacos au poulet ( Il faut bien consommer les sacrifiés
), nous retournions à San Cristobal au beau milieu d’un marché! Nous y avons retrouvé la plupart des produits achetés avec un prix multiplié au moins par 2. On a fait de belles affaires! Le reste de la journée et la soirée ont été consacrés à se reposer !
Le lendemain, avant de partir pour les lacs de Montebello, nous avons pu assister à un défilé dans les rues de San Cristobal. Un drôle de cadeau d’au revoir !
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Nicolas :
Date: janvier 10, 2009 @ 21:35
Super article. En plus on voit que les Dieux mayas ont un certain pouvoir. L’ ortographe s’ est ameliore. Bonne continuation et a tres bientot chez les gringos
MiKE :
Date: janvier 14, 2009 @ 9:46
San Cristobal est connu comme base politique et médiatique du mouvement zapatiste. Tu peux aller te balader dans l’université de sciences humaines qui organisent régulièrement des débats et conférences sur l’avenir de cette ” idéologie ” en faisant parfois venir des experts politiques vraiment intéressants !
Pilou :
Date: janvier 21, 2009 @ 21:24
Merci pour les infos. Je ne pense pas que j’aurais l’occasion d’y retourner de si tôt mais cela m’aurait beaucoup plu d’assister à une de ses conférences.